[...]Monsieur le Président de la République,
Permettez-moi d’abord de vous remercier pour la chaleur et la qualité de l’accueil que vous nous avez, une nouvelle fois, réservé, ainsi que pour les paroles si amicales que vous venez de
prononcer.
J’ai souhaité faire du renouveau de la relation entre nos deux pays une priorité de mon action et c’est déjà la seconde fois que je me rends en Tunisie depuis mon élection, il y a moins d’un
an.
Et pour chacun de ceux qui m’accompagnent autant que pour moi-même, c’est toujours une grande joie de retrouver la Tunisie. L’un de nos plus grands auteurs, Flaubert disait, avec une certaine
justesse, qu’en Tunisie « le climat y est si doux que l'on oublie d'y mourir ». A travers l’Histoire, qui n’a succombé aux charmes de cette Tunisie ? Je pense à Ulysse et à ses aventures qui, de
passage sur l’Ile des Lotophages, l’actuelle Djerba, ne parvenait plus à en faire revenir ses hommes. Vous avez noté que nous ne nous sommes pas arrêtés à Djerba. Je pense aux Phéniciens, qui se
sont installés ici pour porter leur civilisation à son plus haut degré de raffinement. Je pense à Hannibal le Carthaginois qui a puisé dans ces lieux sa fougue, et pourquoi ne pas le dire, son
inspiration de stratège. Je pense à Saint-Augustin et Ibn Khaldoun qui y ont enraciné, ici en Tunisie, leurs visions de la foi et de la Cité.
Tous ont aimé votre terre qui allie beauté et ouverture sur le monde.
La Tunisie est le cœur de la Méditerranée. Et c’est ici que se rejoignent les côtes orientales et occidentales de notre mer commune. Tunis est aussi proche de Nice que Nice ne l'est de Dunkerque !
[...] Ceci est un extrait dudiscours adressé par Nicolas Sarkozy au président tunisien Ben Alilors du dîner d'Etat offert par ce dernier en son honneur le lundi 28 avril.
En dehors de l'érudition et de la grandiloquence du verbe, il faut reconnaître, si l'on revient à des choses plus terre à terre, que de plus en plus de Français - Séniors++ - viennent oublier de
mourir dans cet accueillant pays.
Dans un reportage qui passera ce soir sur France 5, on pourra voir Louise, Paulette, Lucienne, Alice, Gilbert ou Georges (âgés de 65 à 85 ans) s'éclater au soleil de Djerba dans un club où ils se
retrouvent chaque année. Choix économique : pas besoin de chauffer sa maison l'hiver, et convivialité. Même les Ch'tis qui "chont pourtont chi bien dans l'ch'nord", se laissent tenter par la
douceur du climat.
Mais quand viendra le temps de quitter cette terre,
Après avoir, comme Ulysse, fait un si beau voyage,
S'en retourneront-ils, pleins d'usage et raison,
Vivre entre leurs enfants le reste de leur âge ? Eriam Illustration : courtoisie du Web