Ces jours-ci nous ne cessons de célébrer des événements plus ou moins heureux.
Se souvenir est essentiel dans bien des cas et c'est pourquoi, grâce à Madame Taubira, les Français ont continué à se repentir et le feront désormais tout au long des siècles à venir.
Il est tout à fait normal d'avoir honte des actes de nos ancêtres qui n'hésitèrent pas à pratiquer l'esclavage. Nous n'étions pas les seuls, heureusement, car alors nous aurions à porter un
poids encore plus lourd sur nos épaules. La grande nation américaine vers laquelle les regards du monde entier sont braqués, doit également faire acte de repentance.
Notre vedette nationale, Ségolène Royal, qui trouve toujours le bon prétexte pour demander pardon au nom de la France, ne devrait pas avoir de mal aujourd'hui à trouver qui s'adresser
pour marquer les esprits, elle qui naquit au Sénégal et vécut en Martinique.
Je lui suggère, afin que son geste prenne une signification spectaculaire, de demander pardon, tant au nom des Français que des Américains, non pas à Barack Obama, mais à Michelle, son
épouse, descendante d'esclaves, que cette page noire de son histoire n'a cependant pas empêchée d'accéder aux plus hautes destinées.
Par ailleurs, à quelques semaines de la visite en France du président américain, nul doute qu'un tel geste de la part de Ségolène servirait Nicolas Sarkozy auprès de son hôte prestigieux
! Eriam
De mon côté, je trouve qu'il est bien de développer une représentation et une image vraie de ce que fut l'esclavage. Il est important de jeter un regard lucide et historiquement juste sur notre passé. Pour autant, il ne s'agit ni de s'auto-flageller, ni d'inciter des luttes pour la concurrence des mémoires. Bref, je trouve l'initiative de Juppé de consacrer une exposition permanente dans un Musée de Bordeaux une excellente idée, celle qui fait la place à l'histoire, celle qui encourage un regard juste, vrai, nuancé et circonstancié sur cet aspect de notre histoire.